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Caty Dethy

Psychologue   art thérapeute   EFT   PTT                      Sculptrice

  

"L'art est avant tout la capture d'une émotion"

Laurent Maëro

Processus créatif

Conte de la petite fille triste


Il était une fois une petite fille triste, craintive, effacée, presque invisible.  Elle pleurait souvent et ne savait pas pourquoi toute cette tristesse l’habitait. 

Cette petite fille n’aimait pas jouer à la poupée, elle préférait grimper aux arbres, jouer aux billes et au foot, comme les garçons.  Elle aurait voulu être un garçon.  Son père espérait avoir un garçon, et c’est elle qui était née, malheureusement pas dans le sexe attendu !

Lorsqu’elle eut 15 ans, son père dit «  merde à la vie » en se passant une corde autour du cou.


Elle avait un besoin vital de comprendre ce qui s’était passé, son père était-il fou ?  Elle fit des études de psychologie, ce qui lui permit de traduire les comportements bizarres de son père en symptômes et en noms de maladies: paranoïa, dépression...  Elle posait un diagnostic  mais n’allait pas mieux pour autant !  Elle avait compris mais cela n’avait rien réparé. 

Elle décida alors de faire une psychanalyse, mais « les mots pour le dire » lui manquaient.


Lors d’un stage durant ses études de psychologie, elle accompagna des patients à un atelier de céramique animé par un artiste.  Elle a été d’emblée séduite par le contact avec la terre.  Elle y découvrit une aventure au pays de soi-même.

En modelant des figurines féminines, c'est elle-même qu’elle découvrait.  Quelque chose d’elle se racontait au travers du jeu des mains dans la terre.   Elle pouvait enfin partir à la rencontre de sa féminité et prendre du plaisir à être une femme !


Le conte de cette petite fille triste, c’est mon histoire. 

L’artiste du stage m’a conseillé de suivre des cours de sculpture dans une académie, car selon lui j’étais douée.


  


Moi, je savais que c’était une question de survie, créer me faisait du bien, me permettait d’être dans l’instant présent.  Je n’avais jamais été aussi heureuse qu’en modelant de la terre, cela me permettait d’entrer dans un état de paix.

  



Quand les émotions me bouleversent, quand les mots pour dire manquent, alors la création prend le relais pour exprimer l’inexprimable…

  

« Alors.  Ose, ose

Redonne à ta vie

Sa vraie valeur

Ose, ose

Redonne à ce monde

Toutes ses couleurs.

  

Presque rien, un silence

Qu’il faut écouter

Un chemin, une chance

Qu’on peut partager

Pas de doute, pas de peur

  

Tu peux avancer

Fais ta route

Il est l’heure

Tu dois essayer

Tu dois tout changer… »

  

Chanson « Ose » Yannick Noah

  

Les carapaces que le corps bâtit pour tenir, pour se protéger, pour refouler les émotions encombrantes nous empêchent d’être présents à nous-mêmes…

L’art permet le chemin vers l’intérieur…

Il rejoint probablement cette faille en soi, ce trop ou trop peu, issu des accidents de la vie…

Il permet de trouver la partie saine pour l’aider à grandir…

  

Après avoir modelé la terre, le travail du bois me confronte à une certaine dureté ainsi qu’à la taille.  Je découvre de nouveaux outils et une matière vivante, chaude, plaisante au toucher. 

J’ai adoré d’emblée l’utilisation de la tronçonneuse qui m’a donné un sentiment de puissance et de force que je n’avais jamais ressenti auparavant. Mais en même temps, je rentrais dans un contact très sensuel avec le bois, tout comme je l’étais avec la terre.  C’est un peu comme si je « caressais » le bois avec la tronçonneuse et le résultat se révélait à moi d’une infime douceur. J’ai continué mon travail autour du thème de la féminité. 

Des changements de température et d’humidité craquellent le bois…

Ne pas le supporter et retravailler les jambes jusqu’à retrouver son aspect lisse du début…

Réalisation dans un deuxième temps du corps en cire, et coulage du bronze chez le sculpteur-fondeur Jean Delcourt.

  

Accepter l’apparition de fissures dans le bois au fil du temps…

Ne plus cacher les cicatrices…

Accepter ce qui est…


Le travail du bois se révèle comme la vie qui est changement permanent et nécessite de s’adapter chaque fois aux événements qui nous arrivent qu’ils soient heureux ou tragiques…

  

  

  

  

Les cicatrices de la vie - Installation


Oser aller à la rencontre de nos fêlures, non pas comme des imperfections rebutantes, mais comme des parts de notre histoire à honorer pour ce qu’elles ont permis de transformer en nous…

  

L’art japonais du  Kintsugi peut être assimilé à une philosophie : celle d’accepter les fêlures, les blessures, les marques du temps…

Intégrer la réparation, en la rendant belle et visible par l’ajout de poudre d’or…

Valoriser les cassures pour donner un supplément d’âme…

Apprendre à recouvrir les blessures psychiques de l’or de la bienveillance, se reconstruire en étant bonifié

  

  

Suite à la découverte du Kintsugi, j’ai envie de combiner mes deux matières de prédilection, le bois et la céramique.


Je réalise divers essais et décide de cuire des morceaux de terre que j’enduis des mêmes oxydes que ceux utilisés pour les masques de l’installation.  Je les incruste ensuite dans les fissures du bois en y ajoutant de la poudre d’or.


Cela symbolise pour moi la fragilité et la possibilité de résilience de la condition humaine…


Ne pas s’arrêter à la blessure, trouver une nouvelle manière d’avancer, de se réinventer et guérir…